Biographie

Olivier Saudan est né à Zurich en 1957. Il suit les cours de l’école supérieure d’arts visuels de Genève, il obtient le diplôme d’expression picturale en 1980. Il est l’un des peintres les plus prolifiques et les plus doués de sa génération. Il pratique une peinture extrêmement audacieuse et risquée, alliant une masse de matières et de couleurs à une vivacité réelle dans la mise en place des volumes et la charge des contrastes. Il peint comme un figuratif abstrait, expressif et joyeux. Il réalise dans la même veine et avec la même violence que dans sa pratique picturale, de très importantes suites d’estampes, souvent sous la forme de monotypes rehaussés. Il enseigne avec enthousiasme les arts visuels. Il prend part aux débats qui agitent la vie culturelle, il donne son avis sans retenue.

Il expose de façon très régulière en Suisse, en particulier à Lausanne, à Genève et à Bâle. Il participe à de nombreuses expositions collectives nationales et internationales. Plusieurs prix et distinctions honorent et reconnaissent l’ampleur de son travail. Il reçoit en 1983 le prix de la Banque Bruxelles Lambert, la Bourse fédérale des beaux-arts en 1987, la Bourse de la Fondation du Jubilé de l’Union de Banques Suisses en 1989, la Bourse de la Fondation Gaspoz en 1991, la Bourse de la Fondation Leenaards en 2001, la Distinction culturelle de la Ville de Morges en 2002 et le Grand Prix Peinture de la Fondation Maurice et Edouard Sandoz en 2007. Il a dirigé le département des arts visuels à l'ECAL/Ecole cantonale d'art de Lausanne, de 2008 à 2011. Sa peinture est présente dans les principaux Musées et les Collections publiques et privées de Suisse. Il vit actuellement à Lausanne.

Nicolas Raboud

Olivier Saudan est un peintre classique, sa peinture est d'essence figurative, ancrée dans le réel, attachée, même de loin, même brouillée, à la plus concrète des réalités: il s'intéresse au paysage, abondamment exploré ces dernières années, et à la nature morte, depuis toujours.
Car elle est une réserve inépuisable de sujets auxquels s'atteler, en voyage ou simplement hors de l'atelier. Il suffit de vider ses poches là où l'on se trouve. Au chalet, dans le désert, à Paris, en Ecosse ou au Japon, sur toutes les tables de cuisine, dans toutes les chambres d'hôtel, on peut travailler à s'approprier le monde, à légitimer sa propre existence. C'est le fruit sur la table, la tasse et le pinceau vus par le peintre qui tempère son exil, gave sa solitude, et ne se calme que lorsqu'il peut rendre les objets à leur simple fonction: le couteau qui préparera le vrai repas, les citrons pour la mayonnaise, la table toujours, pour manger et travailler. Restent alors des peintures dites natures mortes.
La peinture d' Olivier Saudan se lit en boucle comme une obsession, d'un geste à l'autre, d'une époque ou d'un voyage à l'autre, dans un recyclage permanent, une nécessité constante de mettre en scène la vie ordinaire du peintre héroïque, à moins que ce ne soit l'inverse.

Marie- Fabienne Aymon